Ma reconversion professionnelle. Partie 1: Le burn out.


Le burnout, ce mot ci doux pour décrire un moment horrible que l’on peut vivre. Ce mot qui cache le mot “dépression”. Dire que l’on a fait une dépression, c’est beaucoup moins vendeur que dire qu’on a fait un burnout. Pourquoi ? Pourquoi avons nous peur de ce mot ? Alors que la santé mentale fait partie intégrante de notre santé.

Également, nous sommes toutes et tous différent.e.s face à une difficulté. Nous ne réagissons pas, et ne vivons pas les choses de la même manière.

Aujourd’hui donc, je vous parle de mon vécu uniquement.


Les prédispositions:

Nous sommes fondamentalement toutes et tous différent.e.s.

Nous n’avons pas la même implication dans notre travail, nous n’avons pas le même recul vis à vis de notre quotidien.

Certain.e.s personnes vont naturellement être plus ou moins impliqué.e.s que d’autres, et c’est normal. Nous ne devrions pas nous comparer avec échelle de valeur, à ce sujet.

Si j’étais naturellement sur impliquée dans mon travail globalement c’est très simple, c’est que de base :

Moi le travail, je lui dois la vie.

C’est terrible à dire, et pourtant c’est le cas. Mon début de vie a été disons le, complexe. De fait, mon salut s’est retrouvé dans l’indépendance financière, mais genre vraiment. Et par la force des choses, le pouvoir cosmique des choses, j’ai commencé ma vie professionnelle dans un métier qui m’a apporté énormément. J’y ai appris beaucoup, et j’ai rencontré énormément de belles personnes.

Aujourd’hui, même si ce métier au final n’est plus pour moi, il l’a réellement été. Il l’a réellement été car malgré les aspects négatifs que je lui trouve, en positif je ne pense sincèrement que quelconque autre métier n’aurait pu faire le poids à ce moment là.

J’ai été, je suis et serai toujours reconnaissante de ce que ce métier m’a apporté. Et par conséquent, j’ai eu du mal à changer ma vision des choses lorsque j’en ai changé.


L’environnement:

Peu importe ensuite, comment nous sommes, si l’environnement dans lequel nous nous trouvons devient ou est toxique, le même résultat arrivera. Il arrivera plus ou moins vite, avec plus ou moins de casse. Mais il arrivera.

Je me suis retrouvée à saisir l’opportunité de changer de métier, m’ennuyant et acceptant que mon corps de métier n’était plus pour moi.

Ce nouveau métier, j’étais à fond, j’apprenais tant de choses qui m’étaient inconnues. Mes collègues étaient globalement incroyables c’était la cour de récrée pendant qu’on bossait, et qu’est-ce qu’on bossait…

En trop peu de mois, je me suis retrouvée à gérer comme si j’avais plusieurs années d’expériences. Je répondais aux questions sur des dossiers plus ou moins complexe de mes collègues, j’avais de très bons chiffres malgré ma parlote, je savais utiliser certaines options obscures de nos outils bref, je commençais vite à un peu trop maîtriser mon sujet.

Je m’ennuie un peu mais ça va. Je trouve comme solution de faire ce que l’on appelle de la sure sure qualité (oui sur deux fois, car j’étais déjà dans la sur qualité selon cette entreprise, alors que pour moi, c’était juste « bien » faire mon travail).

Du coup, on bossait, on bossait, mais il en fallait toujours plus, toujours plus vite. Alors que ce que j’aimais le plus dans ce nouveau métier était le relationnel, ce point s’effaçait peu à peu. Des mails pour-ci, des mails pour-ça. Mais jamais de mails où il est écrit noir sur blanc de pisser qu’à nos pauses (lol).

Petit à petit ça devenait ingérable pour moi, lentement, mais sûrement.

Je me revois en point avec mon ancien manager en train de craquer (comprenez pleurer toutes les larmes de mon corps) parce que je n’en pouvais plus. À lui dire que cette entreprise dans laquelle j’étais, était en train de voler mon âme.

Je tiens, je force, les soirs où je quitte le travail les larmes aux yeux d’épuisement moral et émotionnel, sont de plus en plus nombreux.

Et voilà qu’on arrive au confinement.

Cette crise sanitaire, n’aura que soulevé et mis en avant les points négatifs, les mauvaises gestions de beaucoup d’entreprises au point que des personnes comme moi, qui tenaient à bout de bras jusqu’ici, n’y arrivent plus.


Le bug:

Les jours passent, et la difficulté ne fait que croître.

Chacun.e vit les choses à sa manière, la dépression ne se traduit pas de la même manière en fonction des personnes, et parfois, ne se traduit pas de la même manière avec le temps.

Et oui, ce n’était pas ma première dépression, mais la première liée à mon travail, mon sauveur.

Il y a quand même chez moi, le même résultat visuellement. Personne, personne ne peut deviner si je vais mal. Et entre nous, c’est plutôt fréquent de savoir faire semblant.

Faire semblant d’aller bien, ça vient pour plusieurs raisons.

La première est simple, on se voile la face un peu, on se ment à soi-même, parce que “y’a pire dans la vie”, “on a déjà vécu pire”, “ça va aller”, “c’est rien”, etc… On se rassure, on se rassure, puis au final, on se fait du mal soi-même, car on n’assume pas. On n’assume pas cette douleur, car l’assumer c’est la rendre davantage réelle, c’est lui donner bien plus de pouvoir et d’emprise sur nous, enfin ça, c’est ce qu’on se dit, car bien sur, ce n’est pas vrai.

Une fois qu’on assume cette douleur, qu’on accepte de se dire qu’elle est là.

On ne va pas communiquer à son sujet, car on n’arrivera pas forcément à s’exprimer correctement, on ne veut pas forcément en parler non plus. Encore moins avec des personnes qui n’en ont potentiellement rien à foutre. Ou bien des personnes absolument pas sensibilisées à la dépression, et dont on veut éviter les réponses aussi stupides que violentes.

On n’en parle pas pour tellement de raisons en réalité. Et tout un chacun, possède ses propres raisons également.

Alors on en parle pas, on fait semblant et on a tort. On a tort parce que demander à l’aide, aux bonnes personnes c’est ce qui peut faire la différence.

Cette personne qui m’a poussé à lui demandé à l’aide personnellement, c’était mon médecin généraliste donc, en fait non, son remplaçant pour être exacte.

Vint alors cet énième jour, où je tenais au travail à coup d’anxiolytiques et de courage venu d’on ne sait où.

Je suis à bout.

J’ai bouffé 5 Xanax en ayant pris soin de dépasser à plus du double la dose maximale de mg quotidienne, et ma tension est encore beaucoup trop haute.

Mon manager me regarde, dépité : il n’a aucune solution pour moi, il me dit : “Mets toi en arrêt et ne reviens plus, je ne peux plus rien faire pour t’aider.”

Quand on essaye tout, qu’on force et que plus personne ne trouve d’arme dans le combat, il faut savoir renoncer. Et c’est ce que j’ai fait.

Enfin, renoncer, n’est-ce pas un trop grand mot, pour avoir le courage de se sauver soi-même en fait ?

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